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Dr Sassa Bouzebra : un travail d’équipe

Nos médecins-conseils témoignent sur leur métier

Comment êtes-vous devenue médecin-conseil ?

J’ai commencé en janvier 2004. A l’origine je suis généraliste et avant de m’installer en libéral j’ai fait des remplacements. Là je me suis rendue compte que cela ne me correspondait pas. Entre la charge de travail, la pression des patients et la paperasse, j’ai renoncé à m’installer et me suis orientée vers des activités salariées. J’ai alors travaillé à l’hôpital, en PMI, j’ai aussi été médecin scolaire. Mais rien de tout ça ne me satisfaisait complètement, il y avait peu de travail d’équipe et je cherchais toujours ma voie.

Et puis il se trouve qu’au cours de mes études, en plus du stage de 6 mois chez un généraliste, nous devions aussi faire un stage chez un médecin non libéral. J’avais fait le mien auprès d’un médecin-conseil de Seine-et-Marne sans connaître du tout ce métier. Mon objectif était alors de mieux comprendre la « paperasse ». Et il s’est avéré que de mes diverses activités salariées c’est celle qui semblait le mieux me convenir.

Parallèlement, au moment où je venais de m’inscrire pour passer le concours, j’ai appris qu’une de mes amies de l’hôpital était médecin-conseil vacataire. Je lui ai demandé ce qu’elle pensait du métier et ce qu’elle m’a raconté a confirmé mon choix.

Vous recommanderiez le métier de médecin-conseil à un confrère ?

Oui bien sûr, mais je ne lui cacherais rien : par rapport à une activité libérale on divise son salaire par deux ; il y a une hiérarchie, des directives à respecter, des objectifs ; si on aime travailler en solitaire ce n’est pas très adapté ; et pour progresser il vaut mieux être mobile géographiquement, au moins au niveau de la région où l’on travaille.

En contrepartie, on se sent vraiment utile, on peut avoir une vie plus posée et mieux adaptée à une vie de famille et on travaille au sein d’un collectif. Et au quotidien ça se passe vraiment très bien.

Quels sont les points forts de cette activité pour vous ?

Le sentiment d’utilité bien sûr. Nous avons un vrai rôle à jouer face aux difficultés socio-économiques que rencontrent les gens que nous recevons. Nous les orientons et leur apportons les explications nécessaires lorsque nous leur refusons une prestation. En général, les assurés comprennent, même si notre décision ne les satisfait pas pour autant. On arrive à leur faire passer la notion d’équité de traitement.

Vis-à-vis des médecins aussi nous sommes utiles. Ne serait-ce que lorsque nous les rencontrons dans le cadre de leur installation. Pour ma part j’essaie d’être aussi pratico-pratique que possible en leur passant en revue tous les documents auxquels ils vont être confrontés. D’ailleurs ils nous remercient souvent de leur avoir permis de comprendre l’utilité de ces formulaires.

Une autre source de motivation est le fait de pouvoir évoluer en termes de missions, de diversification des activités, de formation aussi. C’est intéressant.

Mais ma principale satisfaction, je la tire du travail d’équipe. On n’hésite pas à se parler des dossiers difficiles, on se fait confiance. Il y a des moments privilégiés et institutionnalisés comme les « revues de dossiers » qui ont pour but l’harmonisation de nos avis et durant lesquelles nous échangeons avec franchise sur nos différences de vues et de pratiques. Cela nous soude et c’est un exercice utile car on s’harmonise vraiment. Mais ce sentiment d’équipe c’est aussi au quotidien. On essaye d’être tous disponibles les uns pour les autres, et plus encore pour les nouveaux.

Crédit photos : J. Bourges