AccueilQui sommes-nous ?

Contact tracing : témoignage

Antoine Rames est pharmacien-conseil dans les Hauts-de-Seine. Il est investi dans le contact tracing depuis le déconfinement. Il partage avec nous son expérience dans cette activité.

Qu’est-ce qui vous a conduit à participer au dispositif de contact tracing ?

Je me souviens très bien avoir appris, officiellement, que l’Assurance Maladie allait mettre en place et piloter ce dispositif, le 7 mai 2020. Nous allions sortir de la période de confinement, les personnels soignants étaient mobilisés depuis plusieurs mois, et les institutions comme les ARS et Santé Publique France étaient également fortement impliquées dans la gestion de l’épidémie. Travaillant au Service Médical, il m’est apparu évident de me porter volontaire pour cette mission de Santé Publique.

Et bien que cette stratégie de « tester, isoler, tracer » ne soit pas une stratégie nouvelle, l’envergure qu’elle allait prendre face au COVID-19 rendait la mobilisation de tous particulièrement nécessaire.

De fait, nous avons été très nombreux à nous engager dans cette mission dès le début, dans l’espoir d’éviter notamment des mesures de reconfinement généralisé.

En quoi consiste votre activité dans le dispositif ?

Ce 7 mai, j’ai été proposé en tant que « référent SI-DEP » pour les Hauts-de-Seine. SI-DEP (Système d’Information national de DEPistage) est une base de données qui concentre tous les compte-rendus de résultats des tests naso-pharyngés (les fameuses « RT-PCR ») faits par les laboratoires de villes mais également ceux hospitaliers.

Au sein d’une équipe d’une dizaine d’agents nous étions chargés de nous assurer que tous les résultats positifs des tests réalisés sur le périmètre des Hauts-de-Seine avaient bien été renseignés dans l’outil Contact Covid, application de l’Assurance Maladie, pilier du Contact Tracing. A défaut, de manière très réactive, nous demandions aux praticiens-conseils de faire le nécessaire, en lien avec les prescripteurs, les médecins traitants, ou les patients eux-mêmes. Nous étions donc, avec l’équipe SI-DEP, un dispositif de « rattrapage » dans la stratégie du Tracing de l’Assurance Maladie. Nous nous assurions qu’aucun cas positif n’échappait au dispositif dont les médecins libéraux restaient les principaux initiateurs.

En tant que référent, mon rôle consistait à faire en sorte que les membres de l’équipe aient toutes les formations nécessaires à leur mission mais également à les précéder dans l’exécution de nouvelles tâches de manière à résoudre les points de blocage et pouvoir ainsi prodiguer des conseils pratiques. Ce rôle consiste aussi à informer les responsables de plateforme des constats « de terrain » nécessaires à leurs prises de décision. C’est un rôle qui demande une grande disponibilité et beaucoup d’adaptabilité du fait de procédures qui se sont précisées constamment et de l’intégration progressive de nouveaux volontaires.

Cette organisation, que nous avons mutualisée, fin juin, en Ile-de-France avec nos homologues de Paris, des Yvelines et de l’Essonne, a perduré jusqu’à mi-août. Face à une charge de travail exponentielle, il a été décidé ensuite de renseigner, sans délai, les données issues de SI-DEP dans Contact Covid et de procéder aux appels des patients sans intermédiaire au préalable. SI-DEP est dès lors devenu la « porte d’entrée » du Tracing de l’Assurance Maladie. Les équipes dédiées à SI-DEP et au Tracing à proprement parler ont partiellement fusionné pour ne faire qu’une grande équipe où chacun est en charge des recherches d’informations, de l’appel des « patients 0 », du recensement de leurs cas-contact et de toutes les procédures permettant leur isolement, et si nécessaire l’information des ARS.

Cette organisation, qui demande à chacun beaucoup de rigueur, de qualités humaines, et une grande agilité, est celle actuelle, mais fonction des directives et de la recrudescence des cas confirmés, celle-ci pourrait être prochainement ré-évaluée. On s’adapte, on priorise !

Que retiendrez-vous de cette période exceptionnelle ?

Je retiendrai avant tout la grande implication des intervenants dans cette mission qui dure maintenant depuis plus de 4 mois, 7 jours sur 7, et ce malgré les évolutions constantes et des charges de travail croissantes, ainsi que la solidarité exceptionnelle qui règne dans les équipes.

Je noterais aussi que le Service Médical a été capable de s’adapter collectivement et régulièrement pour mener à bien une activité nouvelle et incontestablement utile même si, à cette heure, personne ne peut encore dire si elle sera suffisante pour enrayer la reprise épidémique.