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Mieux nous connaître : découvrez l'interview d'Aurélie Ballet

Aurélie Ballet, infirmière du Service médical dans le Val-de-Marne

Aurélie Ballet est infirmière du Service médical dans le Val-de-Marne. Au mois d’août dernier, elle a répondu à l’appel à la solidarité lancé par le ministre de la Santé en faveur des hôpitaux de Guadeloupe et de Martinique et s’est envolée pour la Guadeloupe. Elle nous raconte cette expérience hors du commun.

Qu’est-ce qui vous a poussé à répondre à cet appel et à partir du jour au lendemain en Guadeloupe ?

J’ai quitté le soin il y a presque 5 ans pour intégrer l’Assurance Maladie, mais je n’en ai pas perdu le goût. Lors du premier confinement, je suis allée apporter mon aide dans un Ehpad et  de mars à juin dernier, j’ai participé à la campagne de vaccination. Nous avons la chance de travailler pour une institution qui agit en cohérence avec les valeurs qu’elle affiche et n’hésite pas à nous détacher pour ce type de missions temporaires. Nous vivons depuis un an et demi une situation exceptionnelle. Quand on peut aider, cela semble évident de le faire. En revanche je n’avais pas prévu de partir de manière aussi précipitée !

Comment s’est organisé votre départ ?

Lorsque j’ai lu l’appel à la Solidarité du ministre, relayé par le Directeur général de la Cnam et par le dr Pascal Nicolle au sein de la DRSM, j’ai envoyé ma candidature et mon profil à l’ARS. J’ai attendu plusieurs jours et j’avais même fini par penser que ma candidature n’avait pas été retenue. Finalement, j’ai été prévenue par mail un soir que mon profil était retenu, puis le lendemain matin, à 11h30, j’ai reçu le message qui m’annonçait mon départ pour… 16h40 le jour même ! J’ai rempli une valise dans la précipitation et me suis rendue au lieu de rendez-vous, en proie à la fois à l’appréhension et à l’excitation, sans rien savoir de mon affectation.

Sur place, j’ai eu la surprise de constater que nous étions très nombreux à partir et que, outre les médecins et les infirmiers, des métiers très variés étaient représentés : agents des services hospitaliers, aides-soignants, kinésithérapeutes, cadres de santé, logisticiens… Nous sommes montés dans des bus et avons été escortés, toutes sirènes hurlantes, par des agents de police jusqu’à l’aéroport, où nous attendait une nuée de journalistes !

Comment s’est déroulée votre mission en Guadeloupe ?

Nous avons été accueillis par les équipes de l’ARS et le Préfet et avons pris connaissance de nos affectations respectives. J’ai été affectée à la Polyclinique de Guadeloupe. C’est une petite clinique comprenant 3 services : médecine classique, médecine covid et réanimation, ce dernier ayant été créé par l’équipe de renfort.

D’emblée j’ai été frappée par l’extrême fatigue des soignants locaux et le manque de matériel. C’était humainement très éprouvant car il y avait beaucoup de décès et souvent au sein de mêmes familles car les clusters étaient essentiellement familiaux.

Les gardes, de 12h ou 13h d’affilée, étaient très intenses. Nous avions à peine le temps de déjeuner. Toutefois, malgré toutes les difficultés, une cohésion d’équipe s’est vite créée et la collaboration entre nous s’est faite très naturellement.

Que retiendrez-vous de cette expérience ?

Malgré certains moments terribles, je retiendrai avant tout la richesse humaine de cette expérience. Le fait de vivre une situation de crise et de partager des difficultés crée des liens uniques. J’ai fait de belles rencontres et je vais rester en contact avec certaines personnes. Avec le recul, la précipitation de mon départ était peut-être une bonne chose. Ne pas avoir le temps de trop réfléchir évite parfois de s’angoisser inutilement.