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Mieux nous connaître : découvrez l'interview de Sana Belmostafa

Sana Belmostafa partage son expérience de «traceuse».

Entrons dans l’univers de l’activité de contact tracing : Sana Belmostafa, recrutée en CDD, partage son expérience de «traceuse».

Pourquoi avez-vous rejoint le dispositif ?

Je voulais me rendre utile pendant cette période de crise car j’étais dans l’hôtellerie et donc sans activité pendant cette période. J’ai découvert le tracing par une amie qui était en CDD et j’ai postulé.
Je suis très à l’aise en général dans les relations avec les gens. Je prépare en parallèle un diplôme en développement personnel et cela m’aide beaucoup pour passer des appels car il faut avoir un ton rassurant et ce n’est pas toujours évident.
Quand j’ai débuté, j’ai eu une formation de 3 jours très intense, avec beaucoup de procédures à assimiler.
Heureusement j’avais une tutrice, Angèle Baccan qui m’a suivie et accompagnée en permanence.
Au début elle m’a appelée tous les jours, elle était très présente, rassurante, très patiente. Ma manager, Christine Cuisenier, était aussi disponible si besoin. Nous avons fait des simulations, afin de me mettre en confiance, surtout avec les procédures et les outils à utiliser.

En quoi consiste votre activité exactement ?

Ma principale activité est de contacter les cas positifs et leurs cas contact pour leur donner toutes les instructions nécessaires à l’isolement et les aider dans leurs démarches.
Je travaille cinq  jours par semaine, du mercredi au dimanche, totalement en télétravail et cela me convient très bien car c’est en adéquation avec mes contraintes familiales personnelles.

Il y a beaucoup d’ajustements, toutes les semaines, sur les modalités et heureusement, tous les mercredis ou jeudis, il y a les webinaires animés par le Dr. Philippe Perez pour faire le point sur la situation.
Cela me parait indispensable, afin de ne pas passer à côté d’informations essentielles.
Cela permet aussi d’avoir un retour sur l’activité globale de la plateforme en IDF et nos résultats par rapport aux autres régions.
Nous avons également des réunions staff d’équipe avec les managers mais pas systématiques. En revanche, ils sont disponibles dès que le besoin se fait sentir, j’ai tout de suite été mise à l’aise avec eux et  ils m’ont responsabilisée rapidement.

C’est une activité très intéressante, qui demande une certaine autonomie et cela me convient. Il faut avoir la capacité de pouvoir répéter la même chose toute une journée sans se lasser, et cela demande une certaine aisance en communication. Lors des appels contact tracing, je rappelle aux gens que je suis là pour les protéger, qu’il en va de la santé publique.

Quand le variant est apparu, une équipe dédiée, dont je fais partie, a été constituée. Il y a eu alors une nouvelle formation, de nouveaux scripts et des webinaires, essentiels à la compréhension car il y avait des évolutions permanentes. Pas de train-train dans cette mission,  je trouve cela très stimulant.

Aujourd’hui j’appelle les P0 sans cas contacts.
Quelquefois,  je suis confrontée à des situations personnelles compliquées, un peu oppressantes ou traumatisantes. La mort est présente aussi. Parfois, les personnes positives contactées sont déjà décédées.
Je peux compter sur mes collègues traceurs pour en discuter, il y a une entraide et une écoute bienveillante au sein de la plateforme qui permet de toujours garder le cap.

L’ambiance est très bonne et on se sent accompagné en permanence. Il y a aussi l’entraide entre régions, on est tous dans le même bateau. En Martinique par exemple avec le décalage horaire, on sait qu’on ne peut appeler avant 15h, on s’adapte.

Depuis la 4eme vague, il faut faire des appels aux P0 3 fois par jours + les cas contacts, c’est un rythme soutenu.
C’est un peu plus difficile en ce moment de trouver un écho, notamment à cause de la campagne de vaccination. Les gens posent beaucoup de question auxquelles nous n’avons pas toujours de réponse à apporter. Il faut être encore plus rassurant et empathique.
J’essaie bien entendu de convaincre les gens de se faire tester et vacciner, mais sans contrainte.

Entre les 2 dernières vagues, quand le nombre de personnes positives était moins important, j’ai participé à l’activité de retrotracing.
C’était une sorte de mission d’enquête : lorsque des personnes étaient révélées positives suite à des évènements privés de plus de 10 participants, il fallait retrouver le plus de personnes co-exposées à celle testée positive, afin de réduire au maximum la contamination en demandant aux personnes de s’isoler.
Nous étions la première DRSM à le faire et je suis très contente d’y avoir participé. Mon premier cas de retrotracing était un mariage. Il s’agissait d’entrer en contact avec l’organisateur, d’essayer d’avoir le plus de noms possibles et de faire un signalement à l’ARS.

Que retiendrez-vous de cette expérience ?

Je suis très fière de cette expérience, et je pourrai dire plus tard à mes enfants et petits-enfants «  j’ai participé à cela et j’en suis fière ». J’ai  appris beaucoup de choses et j’ai l‘impression d’avoir vécu une période assez incroyable, un peu hors du temps, mais forte.
J’ai vraiment apprécié le fait de me sentir dans un mouvement où tout le monde est mobilisé.

En plus je dispose d’informations fiables sur la situation et je peux répondre aux interrogations de mes proches et amis.

Je pense aussi que ça contribue à donner une bonne image de l’Assurance Maladie, plus moderne. Je n’hésite pas d’ailleurs à parler aux gens du compte Ameli, de l’accompagnement social et du dispositif de visite d’infirmière à domicile.

Je termine mon CDD et malgré un projet professionnel en cours, je veux rester disponible si on a besoin de moi. Je souhaite bon courage à tous ceux qui continuent.