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Mieux nous connaître : découvrez l'interview d'Eva Etienne, ISM, volontaire vaccination à Mayotte

Eva Etienne, ISM, volontaire vaccination à Mayotte

Eva Etienne est infirmière au Service médical du Val-de-Marne. Au mois de novembre dernier, elle s’est portée volontaire pour aller vacciner à Mayotte. Voici son récit.

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai intégré le Service médical de l’Assurance Maladie seulement 4 mois avant le premier confinement décidé face à la pandémie de Coronavirus. Auparavant infirmière en hospitalisation à domicile et donc en mesure de prodiguer des soins techniques, je me suis portée volontaire auprès de la Réserve Sanitaire de Santé Publique France. Très rapidement, je suis allée renforcer l’équipe d’un EHPAD sur Orly en déficit de personnel soignant.

Comment en êtes-vous venue à être volontaire pour Mayotte ?

Lorsque la crise s’est un peu apaisée et que l’organisation de la vaccination a débuté, c’est tout naturellement que j’ai participé à la campagne de vaccination mise en place au sein des Centres Médicaux de Santé dépendant de la CPAM du Val-de-Marne, ainsi que dans un Centre Emmaüs afin de la proposer aux personnes les plus vulnérables.

Tous les réservistes sont destinataires des alertes éditées par Santé Publique France. Mon dossier étant complet, j’ai proposé ma candidature sur celle concernant la demande de renfort sur Mayotte. La situation épidémiologique relative à la COVID 19 sur ce département continue à impacter le territoire et la campagne de vaccination s’intensifie.

Comment s’est organisé votre départ et les jours suivants ?

D’abord, non retenue sur une première rotation, je l’ai été sur la suivante. Avec l’accord de la DRSM et un test PCR 72h avant, me voilà embarquée avec 40 autres personnes, médecins et infirmiers, sur un vol direct de plus de 10h. 1 référent et 1 logisticien nous accompagnent. Un dernier trajet en barge nous conduit de l’aéroport vers notre hébergement. L’organisation logistique est rôdée et tout est prévu de la distribution de tee-shirts et de badges, jusqu’à la location de voiture pour nous rendre sur nos lieux d’affection et même une cellule d’aide psychologique.

3 lieux d’interventions sont prévus. Centres de vaccination fixes, lycées/collèges et équipes mobiles en camions sanitaires. Me voilà affectée avec un médecin et 2 autres infirmières à l’opposé de notre lieu d’hébergement dans un centre de PMI. Toute l’île à traverser sur une route unique encombrée par un trafic très dense. Pas moins d’une heure de trajet après un passage à l’ARS du département pour récupérer et rapporter quotidiennement les flacons de vaccin. Notre record, 2h15 sur un retour.

Comment s’est déroulée votre mission à Mayotte ?

A notre arrivée, 2 belles surprises : des assistants sanitaires motivés qui se chargent de l’accueil et de la traduction et, régal pour les yeux, les tenues colorées des femmes avec leurs nourrissons. A Mayotte, le taux de natalité avoisine les 40% et l’indice de fécondité recense environ 5 enfants par femme. Peu de temps pour mettre en place l’organisation de travail. Le médecin et une infirmière aux entretiens d’éligibilité, les deux autres à la préparation des doses et à la surveillance post-injection.

Les mahorais ont un mode de vie très communautaire, les gens se réunissent beaucoup, l’habitat est très précaire et une majorité d’habitants n’a pas accès à l’eau. Avec une offre de soins limitée, un seul hôpital sous tension continuelle, et seulement 18 lits de réanimation, il faut donc gagner la course contre le virus et le seul moyen passe par la vaccination.

Si le rythme ne faiblit pas, avec 8124 doses injectées par les équipes en 2 semaines, il sera peut être possible de limiter le taux d’incidence.

Que retiendrez-vous de cette expérience ?

Les journées étaient bien occupées et nous n’avions qu’un objectif, apporter notre aide, au maximum, en nous intégrant aux équipes en place. Humainement, c’était très valorisant, cela permet de voir une autre réalité professionnelle et de retrouver un état d’esprit de solidarité et de cohésion. Santé Publique France continue d’organiser des rotations de renfort toutes les 2 semaines et si l’opportunité se présente, j’espère pouvoir renouveler cette expérience dans les mois à venir.